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Feux de forêt 2026 : le bois brûlé va-t-il servir pour le chauffage ?
Les incendies de 2026 ont laissé derrière eux des millions de tonnes d’arbres brûlés ou endommagés. Une partie de ce bois pourra bien servir au chauffage, mais seulement lorsqu’elle ne peut plus être valorisée pour des usages à plus forte valeur ajoutée.
Le bois brûlé par les feux de forêt de 2026 peut-il servir au chauffage ?
Oui, une partie des arbres touchés par les incendies pourra être transformée en bois-énergie. Mais tous les arbres brûlés ne finiront pas dans une chaudière ou dans un poêle : leur destination dépend avant tout de leur état et de la qualité du bois.
La question prend une ampleur particulière en 2026. En effet, plus de 120 000 hectares de forêt ont brûlé en France depuis le début de l’année au 6 août.
Les volumes à traiter sont considérables. Les arbres incendiés en Gironde et dans les Landes représenteraient environ 5 millions de tonnes de bois, soit l’équivalent de la moitié d’une récolte annuelle de bois en Nouvelle-Aquitaine, selon Alliance Forêts Bois. Leur récolte pourrait nécessiter au minimum deux ans.
Pourquoi tous les arbres brûlés ne deviennent-ils pas du bois de chauffage ?
Un arbre touché par un incendie n’est pas forcément inutilisable pour la construction ou l’industrie. Les professionnels trient donc les bois selon leur qualité avant de les orienter vers le chauffage.
Les troncs les moins dégradés peuvent encore être sciés. Après les incendies, la filière cherche ainsi à conserver la plus grande valeur possible à la ressource.
Le principe est généralement le suivant :
-
les bois de meilleure qualité peuvent être dirigés vers les scieries et devenir du bois d’œuvre pour la construction, les charpentes ou le mobilier ;
-
les qualités intermédiaires peuvent servir à fabriquer des palettes, des panneaux, du papier ou du carton ;
-
les bois les plus dégradés peuvent être transformés en plaquettes forestières ou autres combustibles destinés aux chaufferies et installations biomasse.
État du bois après l’incendie | Valorisation possible |
|---|---|
Tronc épais, qualité suffisamment préservée | Construction, charpente, mobilier |
Bois de qualité intermédiaire | Palettes, panneaux, papier, carton |
Bois fortement dégradé | Plaquettes, pellets selon transformation, bois-énergie |
Bois ne pouvant plus être valorisé comme matériau | Chaufferies et installations biomasse |
Le chauffage constitue donc un débouché possible et utile pour les bois qui ont perdu une partie de leur valeur industrielle. Ce n’est cependant pas automatiquement la première destination retenue.
Pourquoi faut-il récupérer rapidement les millions de tonnes de bois incendié ?
Les arbres brûlés doivent être évacués rapidement pour préserver leur valeur, sécuriser les forêts et limiter le développement de ravageurs. Le temps joue directement sur les possibilités de réutilisation du bois.
Un arbre brûlé continue à se dégrader après l’incendie. Chaleur, humidité et insectes peuvent progressivement réduire les possibilités de valorisation.
Dans les Landes et en Gironde, la filière est donc engagée dans une véritable course contre la montre. Pour certains bois destinés à des usages de qualité, la fenêtre est même très courte : un industriel interrogé par Le Dauphiné Libéré estime disposer de seulement trois à quatre mois pour utiliser certains bois avant leur dégradation.
Quels risques représentent les arbres brûlés laissés en forêt ?
Les arbres affaiblis peuvent favoriser la multiplication de parasites et constituent également une matière combustible. Leur évacuation répond donc à des enjeux économiques, sanitaires et de prévention des incendies.
Deux ravageurs sont notamment surveillés après les feux de 2026 : le scolyte sténographe, qui s’attaque aux pins affaiblis, et le nématode du pin, détecté fin 2025 dans les Landes. Ce dernier constitue une menace supplémentaire pour le massif forestier.
Pour les millions de tonnes directement touchées par les flammes, le travail est encore plus complexe. Les parcelles doivent être accessibles et sécurisées avant le début des opérations.
La priorité est donc de :
-
abattre les arbres dangereux et récupérer les bois exploitables ;
-
trier rapidement les volumes selon leur qualité ;
-
stocker certains bois dans de bonnes conditions ;
-
alimenter en priorité les filières capables de préserver leur valeur ;
-
orienter les volumes trop dégradés vers le bois-énergie.
Les incendies de 2026 vont-ils faire baisser le prix du bois de chauffage et des pellets ?
Une baisse massive et immédiate des prix n’est pas attendue. L’arrivée de volumes importants de bois pourrait exercer une pression ponctuelle sur certains marchés, mais leur transformation et leur acheminement prendront du temps.
Pour comprendre pourquoi, il faut remettre les 5 millions de tonnes de bois sinistré dans le contexte de la filière française.
Chaque année, environ 39 millions de m³ de bois, soit près de 30 millions de tonnes, sont commercialisés en France. En 2025, cette activité représentait environ 3,6 milliards d’euros. La récolte totale atteignait quant à elle environ 57 millions de m³ en intégrant notamment le bois directement utilisé par des propriétaires pour leur chauffage.
L’arrivée soudaine de bois issu des incendies est donc importante. Mais ce volume ne va pas être transformé instantanément en bûches ou en granulés disponibles dans les magasins.
Les pellets vont-ils devenir moins chers grâce au bois brûlé ?
Les incendies ne devraient pas provoquer à court terme un effondrement du prix des granulés. Une légère pression à la baisse reste possible, mais le prix dépend aussi de la demande énergétique et des capacités de transformation.
Une raison importante tient au processus de fabrication. Les granulés sont notamment produits à partir de sous-produits issus des scieries. Or les pins incendiés doivent d’abord être abattus, évacués, triés puis intégrés aux circuits industriels adaptés.
L’effet des feux pourrait donc se faire sentir progressivement et différemment selon les produits.
Il existe aussi un paradoxe. À court terme, la filière doit absorber un afflux exceptionnel de matière. À plus long terme, les arbres récoltés aujourd’hui manqueront aux industriels dans les prochaines années, le temps que les parcelles soient reconstituées et que les nouveaux arbres arrivent à maturité.
En 2025, un arbre sur quatre coupé dans les forêts publiques était déjà un « bois de crise », contre environ un sur dix en 2017, selon un responsable de l’ONF interrogé par Capital. Incendies, sécheresses et autres événements affectant les forêts occupent ainsi une place croissante dans l’approvisionnement de la filière.
Le conseil boisreduc :
Pour le consommateur, l’effet du bois brûlé par les feux de forêt sur les prix des bûches ou des granulés reste difficile à prévoir. Les incendies de 2026 pourraient apporter temporairement davantage de matière aux filières énergétiques, notamment sous forme de plaquettes. Mais l’offre disponible dépendra du rythme d’exploitation, de la qualité des arbres récupérés, des capacités des scieries et chaufferies et, surtout, de la demande de chauffage pendant les prochains hivers.
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